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L'origine de la famille de Waldner se perd dans la nuit des temps.
Heis dans son Histoire de l'Empire, parle d'un Waldner que Grandidier regarde comme un héros chimérique et qui, général de Louis le Débonnaire, se serait distingué en 814, dans la guerre que ce prince fit à Hartwin, maire du palais. Eût-il existé, que les Waldner ne pourraient le revendiquer avec certitude comme leur ancêtre, puisque les noms propres des familles ne devinrent héréditaires qu'à partir du XIIIe siècle et qu'il est impossible de continuer la filiation des Waldner au-delà de cette époque. Mais à partir de Craphto de Gewilre, miles, cité pour la première fois en 1235 et de ses quatre fils mentionnés avec leur père en 1261, la généalogie de la famille de Waldner se continue d'une manière ininterrompue et authentique jusqu'à nos jours.
On voit qu'en 1235 le nom de Waldner n'était pas encore fixé comme nom patronymique de cette famille, puisque le chevalier Kraffton est simplement désigné par son prénom et la localité où il habitait, Guebwiller. Waldner est un mot allemand qui signifie : forestier. Il est très probable que Kraffton et peut-être ses ancêtres étaient investis par l'abbaye de Murbach d'une charge équivalente à celle de garde général des forêts de l'abbaye. La forteresse de Freundstein était sans doute la maison forestière où résidaient ces fonctionnaires. C'est ainsi que le nom de la fonction, comme elle était héréditaire, finit par devenir celui de la famille; nous avons beaucoup d'exemples de cette origine de noms de famille. Ce n'est qu'au XVIe siècle que les Waldner ajoutèrent à leur nom celui de leur fief de Freundstein. Et ce qui indique bien que la noblesse des Waldner a pour origine une charge et non une terre, c'est que jamais, avant le XVIIIe siècle, le nom Waldner n'a été précédé de la particule de ou von.
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Leurs titres et fiefs
Les Waldner ont toujours porté le titre de barons et cette qualité leur a été confirmée à la suite d'un procès qui engageait toute la noblesse d'Alsace et que les Waldner soutinrent au XVIIIe siècle contre les prétentions du Conseil souverain. Le titre de comte fut accordé par Louis XV à Chrétien-Frédéric-Dagobert de Waldner par lettres patentes de juin 1748 et ce titre est transmissible à l'aîné de la famille. Après la mort de Dagobert, il fut porté par son frère François-Louis et il est porté aujourd'hui par Eugène-Louis de Waldner. [A l'époque de Gasser, aujourd'hui il est porté par le comte Bernard Waldner de Freunstein.]
Les Waldner sont une famille de soldats, ils se sont illustrés dans toutes les guerres. Assez rarement ils sont entrés dans les ordres religieux, et c'est encore comme moine-soldat que le chevalier de Saint-Jean, Christophe Waldner, s'illustra au siège de Rhodes. Plus souvent ils furent investis de charges administratives, judiciaires ou diplomatiques et s'en acquittèrent toujours avec honneur. On a peu d'exemples d'une famille se continuant ainsi pendant vingt générations sans une tache, sans une déchéance quelconque. Ils ont possédé des fiefs de Schweighausen dans la seigneurie de Thann, de Berrviller et Beroltzviller dans la principauté de Murbach, Hartmansviller et Rimbach-Zell, alleux acquis en 1760 contre la seigneurie de Schweinheim en Basse-Alsace, les châteaux d'Ollviller et de Freundstein, fiefs de l'évêché de Strasbourg, les alleux de Biesheim, Geisswasser et Vogelgrün sur le Rhin, Ober Rathsamhausen dans l'évêché de Strasbourg, Baldenheim et Sierentz avec Uffheim dans le Sundgau, le château de Hartmansviller, le château de Weckenthal, fiefs de l'évêché de Bâle, le droit de patronage des cures de Kogenheira et Hartmansviller, un fief de domicile à Ribeauvillé, le majorat de Schmieheim et Allmansweyer dans l'Ortenau, etc.
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Les armes des Waldner de Freundstein
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Un mot d'héraldique
Le sceau de Conrad Waldner 1277, porte coupé émanché de cinq pointes, mais dès le XIVe siècle, la famille noble des Waldner porte coupé émanché de sable et d'argent de trois pointes, les trois pointes émanchées d'argent, aboutées d'autant de merlettes d'or en face abaissée, Buheler blasonne ainsi les armes des Waldner: d'argent à trois montagnes de sable surmontées de trois merlettes de gueule, l'écu timbré d'un casque, sommé tantôt d'un buste d'homme barbu issant, vêtu de sable au col d'argent, coiffé d'un bonnet d'argent au revers de sable, tantôt et plus généralement d'une couronne de comte surmontée d'un panache de sable semé de feuilles de tilleul d'argent, ou encore d'un panache de deux rangs de plumes de sable alternées de deux rangs d'argent (sceau 1500, tombes 1297-1764). Lambrequins d'argent et de sable. On a supposé que les Waldner tiraient les trois montagnes, plutôt émanchures, qui figurent dans leurs armes des trois sommets que présente la montagne du Freundstein, vue de la plaine. Quant à la merlette héraldique que l'on figure sans pieds, ni bec, c'est le symbole du chevalier qui a fait le voyage d'outre-mer pour la délivrance des lieux saints et qui s'est laissé mutiler plutôt que de commettre une lâcheté indigne d'un croisé (Eysenbach : Hist. du Blason). La noblesse des Waldner, comme nous en sommes convaincus, remonte donc aux Croisades et plus spécialement à celles du XIIè siècle.
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Extraits du Livre d'Or de la Ville de Soultz d'Auguste GASSER paru en 1909
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