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Le memorial du Rote-Rain
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25 août 1942 : les Malgré-Nous

Jour sinistre que ce 25 août 1942, le Gauleiter Wagner, gouverneur régional de l'Alsace annexée au grand Reich de Hitler depuis juin 1940, décrète le service militaire obligatoire pour les Alsaciens. Dit comme cela, ce décret ne semble pas être particulièrement menaçant, mais la réalité est toute autre à cette époque ! Par ces mots, il faut comprendre : incorporation de FORCE dans la Wehrmacht (l'armée régulière allemande)ou même la Waffen SS (la branche militaire de la sinistre SS).

Imaginez vous seulement ce que cela représente : partir faire une guerre que vous ne voulez pas, vers le front de l'Est (la plupart du temps), sous un uniforme détesté et honni... laisser femme, enfants derrière vous pour vous retrouver avec des "Kameraden" qui vous considèrent comme un sale Français et face à des "ennemis" -alliés de la France- qui vous prennent pour ce qu'ils voient : un uniforme allemand !

"Ils n'avaient qu'à refuser, qu'à prendre le maquis, qu'à partir en Suisse toute proche" seriez-vous tenter de me répondre. Oui, certains l'ont fait et leurs familles ont été déportées, de plus ceux qui ont été repris ont été fusillés pour l'exemple ou pire, envoyés dans le camp de redressement de Schirmeck -pour les casser à coup de privation et de torture- et finalement les incorporer dans la pire des division : la Waffen SS ! Bref, soit vous vous sacrifiiez ou vos proches en subissaient les conséquences. Alors, qu'auriez-vous fait ?

les Malgré-Nous : des chiffres et au-delà

Ils seront 130 000 Alsaciens et Mosellans a être appelés sous le drapeau à croix gammée et le prix payé par cette génération sacrifiée sera effroyable :
40 000 sont tués ou portés disparus,
30 000 blessés dont 10 000 très grièvement,
10 000 s'évaderont,
sans compter les séquelles de l'internement au camp de Tambov pour les prisonniers faits par les Soviétiques. Mais leur calvaire ne s'arrêta pas là, le retour en France fut une autre épreuve, placé sous le signe de l'incompréhension, de la suspicion et de l'accusation.

Ce ne sont là que des chiffres, froids et déshumanisés, mais derrière chacun il y a un homme, une famille brisée et des souffrances, des souffrances... Un de ces 40 000 tués s'appelait Louis Haumesser, c'était mon grand-père paternel. Il est tombé -et il n'y a pas de champ d'honneur pour les Malgré-Nous- à Wielge-Topor en Pologne le 12 août 1944, sous l'uniforme de la Wehrmacht ; cet uniforme vert-de-gris, couleur de désespoir.

S'il y a eu une génération sacrifiée, la suivante à dû vivre avec les conséquences de cette incorporation de force. A nous, la troisième génération de ne pas oublier, mais surtout de rétablir des liens franco-allemands solides pour que cela ne se reproduise plus jamais et faire en sorte que ce soit vrai ici et ailleurs.

Philippe HAUMESSER
concepteur du site
petit-fils de Louis HAUMESSER

Baby division
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Notre monument aux morts
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les Malgré-Nous : Nous avions 18 ans... ou un peu plus

Nous avions 18 ans, ou un peu plus,
Nous aimions la vie, le bruit, et même un peu plus,
Nous aimions notre maison, notre village, et même un peu plus,
Nous aimions nos campagnes, nos rivières de plus en plus.

Nous aimions nos pères, nos mères et beaucoup plus,
Nos copains, nos voisins, le facteur, de plus en plus,
Nos oncles, nos tantes, nos cousines, et même un peu plus,
Le Maire, le Curé, le Maître d'école, de plus en plus.

Nous aimions la nature, les fleurs, les abeilles,
Nos printemps, nos étés, nos hivers, et beaucoup plus,
L'odeur des lilas, le givre sur les toits,
Les veillées en famille, les Noëls embaumés, et même un peu plus.

Nous aimions cette force naissante en nous de plus en plus,
Nous aimions les filles, leurs sourires et beaucoup plus,
Et avec elles, les bals, les tangos ou un peu plus,
Nous leur jurions amour, fidélité, et beaucoup plus.

Mais ils nous ont cassé nos rêves, nos espoirs et beaucoup plus,
Ils étaient fous de gloire, de puissance, de rage, et plus,
Ils voulaient maîtriser, dominer, sinon plus,
Etre maître du Monde, de l'Univers, peut-être plus.

Ils nous ont pris nos joies, nos espérances, et beaucoup plus,
Ils nous ont volé tout ce qui nous était cher,
Plus de famille, ni de printemps, ni de jolies filles,
Il fallait marcher, tirer, mourir, plutôt crever, sans plus.

Pourtant certains sont revenus, un à un, ou parfois plus,
Ils avaient alors 20 ans, ou quelques années de plus,
Ils avaient perdu le sourire, la joie, et beaucoup plus,
Il leur manquait des bras, des jambes et souvent plus.

Et les autres, les milliers d'autres, qui ne reviendront plus,
Leur voyage était sans retour, leur destination le terminus,
Malgré que Pères, Mères, Fiancées prièrent de plus en plus,
Ils resteront là-bas, à Stalingrad, Tambow, au fin fond de cette vaste steppe russe.

Et pourtant il faut qu'on se souvienne d'eux beaucoup plus,
Que leur sacrifice nous serve de leçon et de beaucoup plus,
Que nos jeunes cultivent la mémoire de ces héros, et que nous tous, prions pour eux un peu plus,

Enfin que les règnants de ce monde sachent tirer la leçon de leur sacrifice,
Mais que cela ne devienne pas une histoire, comme tant d'autres, sans plus,
Et que, je vous en conjure Messieurs les Maîtres, que cela ne se produise JAMAIS, JAMAIS PLUS,
Car nous n'avions que 18 ans, ou un peu plus.

André BECHTEL
Malgré-Nous
Président de l'A.D.E.I.F section Soultz
Poème déclamé à l'occasion de l'inauguration
du Mémorial rénové au Rote-Rain
2 juillet 1989

les Malgré-Nous : pour en savoir plus

Le témoignage d'un alsacien incorporé de force
L'histoire de Théo le malgré nous

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Page mise à jour le Wednesday, December 14, 2005 à 02:21 PM
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