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Le blason de Ferdinand de Hompesch
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Le baron (Freiherr) Ferdinand von Hompesch (1744-1805)

Les relations entre la France révolutionnaire et l'Ordre Souverain, dont les chevaliers français étaient le plus souvent issus de vieilles familles nobles du pays, s'étaient fort détériorées depuis les spoliations des biens de l'Ordre en France, le privant ainsi de revenus conséquents, et « l'assassinat » de Louis XVI à qui le grand maître Emmanuel de Rohan avait gardé fidélité jusqu'à la fin.

Lorsque ce dernier décéda à Malte le 13 Juillet 1797, âgé de plus de quatre-vingts ans, son neveu, le prince Camille de Rohan, espérait prendre sa succession, mais les représentants des Langues réunis optèrent pour Ferdinand de Hompesch qui fut élu le 17 juillet, à peine quelques jours après le décès de Rohan.

Ferdinand Joseph Hermann Antoine naquit le 9 novembre 1744 au château de Bollheim, la propriété familiale de ses parents, Johann Wilhelm et Isabella Byland zu Rheydt. Il n'avait que dix-huit ans lorsque son père mourut en 1762. Sa mère survécut jusqu'en 1785.

Le couple avait modifié le château, situé dans les environs de Paderborn, en Westphalie, le transformant en un semblant de forteresse peu avenante. Construit au carré et flanqué de quatre tours d'angle circulaires, l'ensemble était coiffé de toitures baroques. Il devint en 1794 propriété domaniale française et fut démoli en 1882 pour cause de vétusté.

Il n'est pas sûr que le jeune Ferdinand ait passé ses années de prime enfance dans ce château. On peut admettre qu'il ait grandi à Düsseldorf, plus animée que la triste demeure campagnarde.

Toujours est-il qu'à l'âge de quatre ans déjà (9 décembre 1748), il fut voué à l'Ordre de Malte.

En réalité, l'Ordre acceptait assez fréquemment des enfants de huit à dix ans, voire même dès leur baptême, ce qui permettait aux futurs chevaliers d'augmenter leurs années d'ancienneté, d'importance capitale dans l'obtention de leurs postes futurs.

En attendant qu'ils aient atteint l'âge requis et qu'ils puissent témoigner des quartiers de noblesse exigés pour obtenir leur admission et l'autorisation de porter la Croix, ils pouvaient servir comme pages auprès du grand maître. Celui-ci pouvait s'entourer de vingt-quatre de ces jeunes garçons, âgés de douze à seize ans.

Dernier commandeur de Soultz...

Ferdinand débarqua donc à Malte à douze ans (1756) et devint page auprès de Frà Emmanuel Pinto, grand maître de 1741 à 1773.

Le jeune baron fut admis dans l'Ordre le 10 juillet 1761, après présentation du nombre nécessaire de quartiers de noblesse, avec dispense, car il n'avait pas atteint encore l'âge adulte.

D'après les statuts de l'Ordre, une année de formation était exigée des jeunes novices. On insistait particulièrement sur le règlement, l'obéissance, la maîtrise de soi. En plus, une journée par semaine, ils étaient affectés au service de "Messieurs les Malades" à l'Hôpital de La Valette.

Dès 1767, le jeune chevalier est nommé à Malte à certains postes d'importance comme celui de membre du Conseil de la Langue d'Allemagne, puis magistrat (ou juge) en 1768, représentant du grand bailli à partir de 1770, puis en 1774 responsable de l'armement ou de l'équipement sur l'île, parmi d'autres postes de responsabilité encore. En 1796 il fut nommé grand bailli et conseiller de la guerre. De ce conseil, formé par quatre chevaliers grand-croix, dépendaient l'inspection des défenses et de l'armement, les exercices et la discipline de la troupe.

Hompesch appartenait également au chapitre général auquel il assista en 1776 sous l'autorité du grand maître de Rohan, faisant partie de la commission qui s'occupait de la gestion du trésor commun. Il fut aussi exécuteur testamentaire du grand prieur d'Allemagne Frà Jean-Baptiste de Schauenburg, un Alsacien, décédé en 1775 et enterré en l'église conventuelle de La Valette.

Dans tous ces domaines, Hompesch se fit remarquer par son intelligence et son grand savoir. Ses services, son efficacité étaient reconnus par tout son entourage. En février 1793 il fut nommé chevalier grand-croix par le grand maître de Rohan.

Plusieurs commanderies lui furent confiées : celles de Bassel en Lorraine, de Colmar, Dorlisheim, Mulhouse et Soultz en Alsace, celles de Herford, Reichardsroth, Rothenburg (ob der Tauber) et Villingen outre Rhin, en plus de celle de Lage dont il fut commandeur de 1785 à 1797.

Hompesch, chargé en outre de plusieurs missions de justice à Malte, y était apprécié pour sa loyauté et sa sincérité. De plus, pendant vingt-deux ans, il faisait office d'envoyé accrédité de l'empereur d'Autriche auprès du gouvernement de l'Ordre.

Ferdinand Freiherr von Hompesch
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Napoleon a Malte
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Dernier Grand Maître à Malte

C'est sans doute en raison de ses compétences diplomatiques qu'il fut proposé comme successeur du grand maître au décès de celui-ci. Mais une raison supplémentaire joua. Aucun chevalier de la Langue d'Allemagne n'avait jusqu'alors accédé à ce poste, occupé par plusieurs Français auparavant. En outre, Malte entretenait des relations plutôt conflictuelles avec les dirigeants de la France républicaine de 1789, ce que Bonaparte leur reprocha vertement peu de temps après.

Le grand maître de Rohan, en poste pendant vingt-deux ans, eut le temps et de nombreuses occasions pour juger le comportement et les actes du bailli de Hompesch, dont il appréciait surtout les qualités de diplomate. C'est ainsi qu'il le proposa lui-même comme devant lui succéder. Il y eut, lors de l'élection du 17 juillet, des réticences, mais dans l'ensemble on pensait que ce choix était le bon.

Ferdinand de Hompesch fut ainsi nommé 71ème grand maître de l'Ordre, le premier de la Langue d'Allemagne et le 28ème depuis l'installation de l'Ordre sur l'île de Malte.

A la cérémonie religieuse qui intronisa le nouveau grand maître, succédèrent beaucoup d'autres, toujours en grande pompe, tant au palais magistral que dans toute la cité de La Valette. Sur mer aussi, des salves de canons saluèrent la nomination.

Le climat politique dans lequel Hompesch s'installa n'était pourtant pas des plus sereins.

Rappelons qu'à ce moment la France, plus belliqueuse que jamais malgré les traités signés de part et d'autre, restait en état de guerre latent contre la coalition des autres puissances d'Europe avec l'Allemagne à sa tête, et que cette situation aurait pu s'avérer délicate pour le nouveau grand maître, d'origine allemande. Mais celui-ci, grâce à sa sagesse et ses expériences de diplomate, sut calmer les esprits sans trop de difficultés. Nous sommes en juillet 1797.

Moins d'un an plus tard, en juin 1798, Bonaparte faisant voile vers l'Egypte, vint tout bouleverser en investissant Malte...

Plusieurs chevaliers français jugèrent bon de le suivre, dans l'idée de pouvoir ainsi poursuivre d'une certaine façon la lutte séculaire de leur Ordre contre les Barbaresques.

C'est pourtant en Russie que la plupart de leurs autres compagnons trouvèrent asile et y proclamèrent le tsar Paul Ier grand maître.

Il est vrai que, dès le début de son magistère, Hompesch avait placé l'Ordre sous la protection du tsar qui rêvait d'en faire partie.

Entre-temps, alors que Paul Ier savourait son élection des plus irrégulières, Ferdinand de Hompesch s'était réfugié à Trieste, chassé de Malte par les Français. Grand maître déchu, il ne s'était pas encore résolu à abdiquer ; ce qu'il fit cependant, dans une lettre datée du 6 juillet 1799, où il remettait ses pouvoirs entre les mains du tsar ...pour se rétracter peu de temps après...

Il finit ses jours à Montpellier où il mourut le 12 mai 1805, abandonné de tous. On l'enterra dans le caveau de l'église paroissiale Sainte-Eulalie, hommage posthume à celui qui fut le dernier grand maître de l'Ordre à Malte, du temps de sa splendeur.

Ferdinand Freiherr von Hompesch
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Page mise à jour le jeudi 6 juin 2002 à 1:04
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