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Le Général Marie-Joseph-Guillaume Bouat
Il n'est pas né à Soultz, mais à Fribourg-en-Brisgau, voici un peu plus de 200 ans, le 14 août 1802. Il n'est pas mort à Soultz non plus, car c'est à Suze qu'il s'est éteint le 30 avril 1859. Pourtant, un monument placé à l'angle des deux rues principales de Soultz a été érigé à sa mémoire. Il s'agit de se souvenir de Marie-Joseph-Guillaume Bouat, général de division pendant la guerre de Crimée où sa vaillance et son sang froid lui ont valu éloges et décorations. Alors pourquoi donc la commune de Soultz avait à la fin du XIXe siècle érigé un monument et baptisé l'une de ses rues à la mémoire du général ?
À l'origine, le monument était destiné à perpétuer le souvenir des militaires qui ont succombé durant la guerre d'Orient et notamment les vingt Soultziens qui ont laissé leur vie lors de ce conflit. Mais à la mort du général Bouat, la ville et particulièrement le sénateur-maire baron de Heeckeren, a souhaité y associer un personnage dont la famille était attestée depuis le début du XVIIIe siècle en faisant notamment apposer un médaillon du défunt sur le mémorial. Et si le futur héros de l'Alma n'est pas né à proximité de l'église Saint-Maurice, c'est tout simplement parce que son père, lui aussi officier, avait décidé de se réfugier outre-Rhin pour échapper aux turbulences de la Révolution et n'était plus revenu à Soultz. À l'instar de tout futur officier, c'est à l'école militaire de Saint-Cyr que Marie-Joseph-Guillaume Bouat a fait ses premières armes avant de participer à la campagne d'Espagne et celle d'Afrique.
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Engagés volontaires devant le mémorial de la guerre de Crimée
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La campagne de Crimée
Il a d'ailleurs été blessé devant Alger, ce qui lui vaudra la Légion d'Honneur et le grade de lieutenant. De 1837 à 1849 il sera de toutes les opérations en Afrique du Nord, notamment face aux Kabyles. En 1854, la 2e division de l'armée d'Orient dont il a le commandement brille à la bataille de l'Alma. Marie-Joseph-Guillaume Bouat et sa brigade a en effet fait partie des 185 000 hommes du corps expéditionnaire franco-britannique qui ont débarqué le 18 septembre près d'Eupatoria en Crimée. Deux jours plus tard, les forces franco-alliées ont battu l'armée russe à l'Alma. Les Russes ont reculé et se sont enfermés dans Sébastopol, ville puissamment fortifiée. Le siège durera plus d'un an. Il occasionnera de terribles souffrances aux belligérants. La quatrième division du général Bouat a pris une part active lors de l'assaut victorieux du fort de Malakoff le 8 septembre 1855 qui mettra fin à la campagne. La paix conclue en mars 1856 permettra à la France de revenir au premier plan des puissances mondiales. Elle y aura perdu 100 000 hommes dont près de 60 % victimes des maladies.
De son côté, le général Bouat a été fait grand officier de la Légion d'Honneur le 16 juin 1856 et s'est vu décerner l'Ordre Britannique du Bain. Il meurt trois ans plus tard des suites de la rupture d'un vaisseau sanguin alors qu'il sortait de table près de Suze. Avec la première division française, dont il avait le commandement, il venait de traverser le Mont-Cenis après avoir participé à la campagne d'Italie. Celle-ci restera dans l'histoire pour ses victoires françaises mais très meurtrières de Magenta et Solférino, juste quelques semaines après la mort du général Bouat.
Son corps est ramené à Soultz au mois d'août suivant, pour des funérailles d'une ampleur impressionnante. Sa tombe située en plein coeur du cimetière est un monument remarquable, à la hauteur de la carrière du héros de l'Alma.
Norbert L'Hostis
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