Soultz, il y fait bon vivre
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Ainsi les pierres de Soultz laissent-elles murmurer les mémoires des temps passés...

La place de la République
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La carte postale

Chacun connaît, pour l'avoir vue en passant, la place de la République naguère nommée Grand-Place du Marché.

Un oriel à deux étages

Elle a gardé l'essentiel de son cachet avec son fier hôtel de ville, sa fontaine monumentale érigée comme ce dernier elle aussi au XIXe siècle, ses maisons de pierre où les vieux étals cintrés ont fait place à des vitrines modernes. L'oriel à deux étages à l'angle de l'Office de tourisme, campé sur sa base de grès du pays, sourit sous ses géraniums à un saint Maurice de pierre juché sur la fontaine qui lui fait face.

L'Office de Tourisme
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L'Église Saint-Maurice
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Une flèche s'élève dans le ciel de Haute-Alsace

L'église du même nom, au fond de la place, fait émerger ses élégantes lignes ocre et roses d'un bouquet de marronniers. Son clocher octogone aux curieuses galeries ajourées s'est vu coiffer d'une flèche d'ardoise aux reflets de ciel. Le bel édifice élevé entre 1270 et 1489 a fière allure malgré son extrême sobriété. Pauvre en ornementation, il offre néanmoins au regard un tympan sculpté du début XIVe, saint Maurice en chevalier surmontant un registre présentant une scène d'adoration des Rois mages.

Un orgue Silbermann et des fresques murales

L'intérieur de l'église mérite une visite. D'une élégance relativement dépouillée, mais d'une cohésion de style parfaite, elle abrite un magnifique orgue construit en 1750 par Jean André Silbermann (dont le buffet a été classé monument historique le 18 juillet 1977 et l'orgue est en cours de restauration complète), une remarquable madone rhénane de grandeur presque nature, ainsi qu'un saint Georges terrassant le dragon, panneau de valeur, pareillement en bois sculpté polychrome. Une très belle chaire Renaissance fait pardonner l'absence de tout autre mobilier d'époque, que la restauration de 1880 a remplacé par un banal néo-gothique, disparu depuis lors à son tour... Dans les bras du transept deux enfeus évoquent l'ancienne famille de Pfaffenheim, ministériels de l'évêque de Strasbourg aux XIIIe et XIVe.

L'orgue Silbermann
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La rue des Soeurs
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Les maisons soultziennes...

À deux pas de là, nous découvrons la rue des Sœurs, joliment agrémentée de quelques trop rares demeures à colombages en encorbellement sur la chaussée. Elles invitent à s'y engager.

Soultz ne compte que peu de murs à pans de bois. On peut en apercevoir sur l'un ou l'autre pignon, rarement sur des façades entières. La cité, construite en pierre, ne rivalise pas en pittoresque régional avec les villages du vignoble ou du Sundgau, de conception très différente.

...ont leur charme propre

Plusieurs maisons à travers la petite ville dressent fièrement leur tourelle d'escalier (on en compte près de vingt), qui s'élance à côté d'un porche d'accès aux caves, porche en plein cintre dont la clef porte le plus souvent entre les chiffres du millésime, le soc de charrue ou la serpette de vigneron. S'y ajoutent de part et d'autres les initiales du propriétaire-bâtisseur, noms de vieilles familles soultziennes souvent encore existantes. Les fenêtres s'ouvrent dans des encadrements richement moulurés, où les traces des croisées supprimées, se devinent encore. Les motifs de départ des moulures de meneaux sont des plus variés, allant de la traditionnelle feuille enroulée à la petite tête humaine ou la fleurette sculptée avec amour.

Une maison typique
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De magnifiques escaliers à vis

Deux types d'escaliers à vis se trouvent dans ces tourelles : le premier avec un noyau central droit, l’autre, bien plus riche, au noyau creux avec un limon aux très belles moulures. Sur la sous-face du limon central de la maison de Waldner, rue de Lattre, figurent de petits mascarons qui en accentuent le charme. Plusieurs de ces limons moulurés se terminent en leur partie haute par une couronne de pierre ornementée, du diamètre de l'évidement central. Les départs de ces limons sont tous différents. Sur celui d'une cour de la rue de la Fabrique on remarque une tête d'ange, un autre prend appui sur une colonnette torsadée. Ajoutons que toutes ces maisons se situent fin XVIe, début XVIIe, rarement en-deçà de 1575 ni au-delà de 1620.

Autre particularité des maisons soultziennes : les contreforts servant d'épaulement à presque toutes les façades, en particulier aux angles et de part et d'autre des porches. Organes de stabilité, ils pallient à l'absence de fondations profondes auxquelles le sol très humide et peu stable d'alors ne se prêtait guère.

Oriel historien

Continuons notre promenade jusqu'au fond de la rue des Sœurs, où nous retrouvons l'ancien chemin de ronde du mur de défense intérieur. Au passage, admirons l'oriel de l'ancien hôtel Saint-Michel, 1622, dont l'un des deux panneaux inférieurs nous livre en écriture facilement déchiffrable l'histoire de son origine. Le mur d'enceinte atteignant par endroits huit mètres de hauteur, on distingue nettement son arrachement sur la dernière maisonnette basse qui s'y trouve accolée.

Le mur d'enceinte
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La Couronne

Débouchant dans la rue Jean Jaurès en passant sous la dernière des habitations subsistante par-dessus le chemin - toutes les autres ayant disparu - nous nous dirigeons vers l'hôtel de la Couronne, reconnaissable à ses pignons Renaissance chantournés, son enseigne forgée et son oriel en surplomb sur la rue. Notons, dans la cour, un superbe encadrement de porte sculpté d'un couple de personnages, d'un écusson avec initiales ainsi que d'autres motifs de masques et de feuilles d'acanthe.

La maison vigneronne type

Un peu plus loin, nous passons sous le grand porche de la maison n° 8 rue des Ouvriers, dont le propriétaire nous a permis l'accès.C'est la cour la mieux conservée de la cité. Nous sommes là en présence de la maison vigneronne type de Soultz : tourelle d'escalier, porches, oriel gracieux, dépendances ceinturant la cour intérieure, galerie de bois à balustres tournés et à motifs de feuilles d'acanthe sculptés sur les poteaux de support.


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Le XVIIIe siècle

Laissons le rempart du côté sud de la ville, où se dressait jadis la porte de Bollwiller (Feldtor ou Fälltor), double porte à pont-levis, ainsi que la Tour Verte, qui doit probablement son nom à son ancienne couverture en tuiles vernissées de cette couleur. Nous prenons la rue du Temple où tant de charme suranné est caché à présent sous les couleurs des enduits modernes. Remarquons cette porte charretière, datée de 1656, montée en biais pour permettre l'accès des attelages, vu l’étroitesse de la rue.

L'oeil averti saura deviner un peu plus loin des vestiges de chaînes d'angles à bossages, trahissant la présence de ce qui fut une maison forte au Moyen Age. Dans la rue d’Or, si nous avons la chance de trouver le portail ouvert, nous découvrons le magnifique exemple d'un autre style de construction, celui de la seconde moitié du XVIIIe, gentilhommière coquette aux fenêtres à petits-bois et à linteaux cintrés, construite en fer à cheval et casquée de toitures brisées à double pente.

Pierre Fresnay admiratif

Cette époque nous a laissé plusieurs demeures fortement ressemblantes. Toutes renferment de magnifiques escaliers en chêne à balustres façonnés, mais vous trouverez le plus typique dans la rue des Blés n° 8. Les anciens propriétaires nous racontaient volontiers la visite -il y a longtemps de cela- d'un certain Pierre Fresnay, accompagné de son inséparable Yvonne Printemps, s'arrêtant admiratif devant les marches de grès rose enchâssées dans ces lourdes rampes de balustrades de vieux chêne et, rêveur, exprimant son souhait d'y tourner un jour la séquence d'un film...

Mais refermons la vénérable porte de chêne au dessin délicat, dont le linteau, martelé, ne laisse plus deviner le motif du blason disparu. Disparu comme les portes et boiseries intérieures de cette très belle demeure bourgeoise, témoin précieux de son époque, dont nous ne pouvons plus que regretter les charmes surannés d'un temps révolu...


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Promenade de la Citadelle : la Tour des sorcières

Quittons la vieille cour de la Chapelle, amputée malheureusement de la silhouette de la petite église des Cisterciens et de son clocher, où les anciens bâtiments conventuels, malgré leur pittoresque, ont perdu toute dignité monacale. Consolons nous de ce puits rescapé de 1575 ; vestige pitoyable et négligé, qui jadis se dressait, fier au milieu de la vaste cour du couvent. Plus loin, jetons un coup d'œil rapide sur la Promenade de la Citadelle, ancien boulevard qui desservait le rempart extérieur. Le fossé intérieur s'est tapissé de jardinets, d'où émerge, tronquée, ce qui fut la tour des Sorcières, partie basse de l'une des tours de défense les plus impressionnantes de l'enceinte : Meggenhornes Vicchus.

Les rues des Vignerons, des Charpentiers, des Tisserands, des Cuvetiers ne nous réservent guère de nouvelles surprises, si ce n'est l'attrait de quelque maisonnette basse ou courette oubliée auxquelles le Progrès a accepté d'accorder un léger sursis...

Proverbes et dictons

Une grande bâtisse, dans la rue de Lattre, est flanquée de deux tourelles, l'une, massive et carrée, l'autre à la porte Renaissance surmontée des armes de famille de Waldner de Freundstein, blason tenu par deux lévriers et daté de 1707. Elle est, aujourd'hui, devenue le siège de nos "Brigades Vertes". Une inscription en lettres gothiques, gravée sur le linteau, salue le visiteur, alors qu'une autre sur la porte arrière fait parler la sagesse:
Aller Menschen Muth, trachtet nur nach Zeitlichen Guth.
Und Wenn sie das erwerben, legen sie sich hin und Sterben.
(Toute l'énergie de l'Homme tend vers les biens temporels. Les a-t-il enfin acquis, il ferme ses yeux et rend son âme). Plusieurs autres décors de portes remarquables sont visibles dans nos vieilles rues. Nous avons évoqué celle de la Couronne, vu celle des Waldner.

La maison Horn, un peu plus bas dans la même artère, possède elle aussi sa tourelle qu'un autre encadrement caractéristique vient enrichir. Elle porte la date de 1588, des décors de feuillage et moulures, et le texte suivant:
DOMINUS CUSTODIAT INTROITUM ET EXITUM TUUM EX HOC NUNC ET USQUE IN SECULUM MDLXXXVIII.
L'écusson central du linteau est lui aussi effacé.

Tout près de là encore, un lourd linteau de porte monolithique à l'élégant arc en accolade, a réapparu après des dizaines d'années d'occultation pour témoigner de la qualité de cette demeure avant son malheureux remaniement du siècle passé.

Le blason des Waldner de Freundstein
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Béguinage, synagogue et vieux lavoirs

De la rue des Bouchers, quelques marches de grès et un raidillon donnent accès à un passage sur lequel est assise une lourde maison au crépi ocre. C'est l'ancien Béguinage construit à même le mur d'enceinte, percé de meurtrières, abritant sur toute sa longueur le chemin de ronde nord-ouest. L'intéressante façade sud, cachée par la masse écrasante de la synagogue de 1838, aujourd'hui désaffectée, a conservé ses belles fenêtres à meneaux en enfilade, ainsi qu'une autre à la croisée barreaudée intacte. L'intérieur recèle d'étonnantes décorations sculptées sur des corbeaux de support et une niche abritant une énigmatique console. La construction actuelle date de 1575, mais s'élève sur des fondations antérieures de trois siècles. Une cave voûtée en tonneau occupe toute la moitié arrière du bâtiment.

Plus bas, un pont franchit le Rimbach. À gauche, au loin, baignant son ombre dans l'eau nerveuse du ruisseau, une deuxième tourelle de défense en fer à cheval intégrée dans le mur de l'enceinte a échappé à la destruction. A droite, en aval, nous retrouvons le mur de défense dans lequel une poterne ogivale d'accès direct à la forteresse était restée murée pendant quatre siècles. Elle communiquait avec le château seigneurial, le Bucheneck, que nous allons à présent rejoindre.

De l'ancien hôtel de ville devenu M.J.C.

Au passage, nous sommes rassurés de voir remise en état l'ancienne maison Cromer, reconnaissable à son oriel à deux étages assis sur ses consoles chantournées, en saillie sur la rue, juste à côté du porche d'accès à la cour. Le canal des moulins coule sous la construction, des lavoirs en pierre sont installés sur sa rive.

Tout à côté l'ancien hôtel de ville s'est muté, après mille péripéties, en confortable M.J.C. Ses façades ont retrouvé, sur les étages supérieurs, leur aspect du XVIIe siècle après avoir été remaniées maintes fois au fil de l'existence du bâtiment, selon les besoins de chaque époque nouvelle. N'a-t-il pas été, pêle-mêle, poste de police, prison, bains municipaux, tribunal cantonal...

De belles pierres retrouvées en réemploi dans ses murs témoignent de la richesse de ce premier hôtel de ville du XVIe siècle. Sur une colonnette, des lettres gravées proclament : 1547 ALS REGIERT KAISER KAROLUS (il s'agit de Charles Quint), alors qu'une inscription sur un linteau de fenêtre conseille laconiquement : Schick dich in die Zeit (Accommode-toi à ton temps).

L'actuelle M.J.C.
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Le Bucheneck
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De la maison forte épiscopale...

Nous voici au pied du Bucheneck. Imposante bâtisse crépie de sable rose, plantée là depuis toujours, elle semble consciente de son altière prestance de citadelle historique, qu'elle a retrouvée après de longues années d'abandon et de délabrement. Des allées où crisse le sable blanc traversent ses parterres d'herbes et de bosquets fleuris d'où çà et là, émerge une vieille pierre rescapée d'une quelconque démolition.

Le fossé, ancienne douve de défense, rappelle les origines militaires du lieu, point central de ce qui a été dès l'aube du Moyen-Age, près de la source salée et non loin de l'endroit où s'élèvera plus tard la première église, un point de défense important du site. Son rempart est venu, plus tardivement, s'adosser contre le mur d'enceinte du XIIIe siècle qui surplombe le Rimbach. Une importante longueur en subsiste vers l'ouest, dans la boucle que dessine le ruisseau à cet endroit.

Ses fonctions d'aujourd'hui sont plus pacifiques. Devenu musée local, il abrite en ses murs, sur ses six niveaux d'exposition, moult souvenirs qui évoquent le passé de la bourgade. Un livre d'histoire illustré, pourrait-on dire, où le visiteur ne se lasse pas de faire, au gré des escaliers qu'il grimpe et des portes qu'il pousse, à chaque fois de nouvelles découvertes.

...au musée d'histoire locale

Le sous-sol où d'étroites ouvertures pouvaient servir occasionnellement de fentes de tir, impressionne par son austérité, pendant que la salle du premier niveau, baignant dans la clarté de ses vastes fenêtres à banquettes du XIVe siècle, réunit à travers les âges, sagement impassibles dans leurs cadres dorés, des générations d'ancêtres d'une des familles les plus anciennes de la région, les comtes et barons de Waldner de Freundstein.

Des marches plus haut, c'est la rencontre avec une autre famille soultzienne célèbre, les de Heeckeren d'Anthès, dont chacun fait la relation avec le poète Alexandre Pouchkine. Parmi les vieilles familles du cru qui ont forgé l'histoire de la petite ville, artisans ou artistes, militaires ou magistrats, plusieurs noms s'y trouvent pérennisés, l'un des plus connus étant sans doute Robert Beltz, l'illustrateur au talent hors du commun.

Les deux niveaux du vaste comble renferment eux aussi leurs trésors et leurs surprises - à découvrir...

N'oublions pas d'ajouter, pour l'Histoire, que la citadelle était propriété des seigneurs-évêques de Strasbourg jusqu'à sa vente comme bien national en 1792.

La salle des Waldner de Freundstein
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De la commanderie de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem...

Dans le faubourg nord, au-delà du Rimbach, s'étaient établis les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. La commanderie qu'ils érigèrent en fortification dans leur enceinte fut appelée à devenir aux XVIe et XVIIe siècles l'une des plus importantes d'Alsace, puisque nous apprenons que celles de Colmar et de Mulhouse y étaient rattachées. Dès 1234, l'établissement y consacra une première chapelle. Des fouilles effectuées sur place en attestent. Bientôt, au XIVe siècle, elle fut remplacée par une église plus importante, de qualité remarquable d'après les vestiges retrouvés en cours de fouille. On ne peut que déplorer sa démolition, probablement aux alentours de 1600, pour des raisons non vraiment établies à ce jour. Avec des éléments et matériaux réemployés, on reconstruisit la chapelle actuelle, mais il semble qu'elle l'ait été dans le style ogival d'origine.

La date avancée de 1774 correspond sans doute à un remaniement, peut-être important, de la construction, avec abaissement de la toiture et des fenêtres, couvertes désormais de linteaux de type XVIIIe, avec installation d'un plafond plat, et c'est sans doute aussi à ce moment que l'on relia la chapelle, isolée, au corps de logis principal.

Des bâtiments de diverses époques, différents témoins retrouvés, les tours rectangulaires défendant autrefois le pont d'accès lancé par-dessus le fossé, les bouches à feu et autres éléments évocateurs font preuve de l'importance de l'établissement d'alors.

...et de son dernier Commandeur

Le baron Ferdinand de Hompesch en fut le dernier commandeur, avant d'être élu grand maître de l'Ordre à Malte -où il eut bientôt le triste privilège de procéder, en 1798, à la reddition de l'île à un jeune général avide de conquêtes, de lauriers et de pouvoir, du nom de Napoléon Bonaparte.

Chassés de leurs propriétés lors des événements tragiques de la tourmente révolutionnaire, spoliés de leurs biens, les membres de l'Ordre n'ont pu éviter la vente de leurs possessions, bâtiments et terres, à des particuliers.

La Ville de Soultz est à présent propriétaire de la plus importante partie de ces constructions. Elle a fait remettre en état et moderniser le corps de logis ancien des XIIIe et XIVe siècles en conservant toutefois quelques éléments et témoins d'époque, a fait restaurer la chapelle du XVIIIe, afin d'installer sur l'ensemble des surfaces une exposition permanente sous la dénomination de "La Nef des Jouets".

Mais sur le plafond de la chapelle veille toujours la vénérable croix de Malte, emblème de l'Ordre, pendant que sur le faîte de sa toiture une autre croix à huit pointes en fer forgé rappelle les fonctions passées de la construction...


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Le château d'Anthès
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Du manoir au complexe hôtelier

De l'autre côté de la rue, l'ancien manoir des Heeckeren d'Anthès évoque au milieu d'arbres séculaires, l'histoire d'une lignée d'hommes d'où sont issus des maîtres de forges et des soldats, ainsi le chevalier-garde Georges Charles qui eut le triste renom d'avoir tué, en 1837, le poète Pouchkine, son beau-frère, dans un duel qu'il n'avait pas cherché.

Dans la propriété voisine, autrefois jardin potager de la famille, se dresse, objet à présent inutile et presque dérisoire dans son environnement nouveau, une autre tour de défense rescapée, ultime vestige de cette fière cité des temps révolus, riche des fruits de ses terres et de son vignoble, de ses belles demeures, du caractère bien trempé de ses fils...

Texte originel (1980) et réactualisation (2002) par
Louis WIEDERKEHR, ancien Président des Amis du Vieux Soultz

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Page mise à jour le jeudi 28 janvier 2010 à 10:39
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